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Projet d’alphabétisation au Sénégal – Diane Lemire

Domaines d’intervention : Alphabétisation et aide aux devoirs

Partenaires : École Alioune Babacar Sar

Lieu d’intervention : Quartier Sidoné au sud de Saint-Louis, Sénégal

Bénéficiaires : Jeunes filles, femmes, enfants et travailleurs issus de l’exode rural

Responsables du projet : Diane Lemire, coopérante bénévole

Durée du projet : 2 mois sur le terrain et 6 mois à distance

À l’automne 2014, Diane Lemire s’est rendue à l’école Alioune Babacar Sar de Saint-Louis au Sénégal pour mettre sur pied un projet d’alphabétisation et d’aide aux devoirs qui s’est déroulé sur une période de huit semaines correspondant au premier trimestre de l’année scolaire.

Le projet s’est déployé en deux volets : un volet alphabétisation fonctionnelle et un volet aide aux devoirs.

Objectifs du projet :

A/ Volet Alphabétisation de base :

  • Encourager et stimuler l’intérêt des bénéficiaires à poursuivre dans la voie de l’alphabétisation en français (lire, écrire et calculer)
  • Permettre l’acquisition d’habiletés utiles dans l’exercice de leur emploi ou dans la recherche d’un travail
  • Favoriser une meilleure communication dans la communauté et l’implication dans les diverses instances du quartier

Des classes d’alphabétisation de base ou fonctionnelle : apprendre à lire, à écrire et à calculer et développer des habiletés dans l’exercice des activités de la vie quotidienne.

Deux groupes ont bénéficié des activités d’alphabétisation. Un premier groupe était constitué de jeunes filles et de femmes peu scolarisées. Un autre groupe, mixte, était lui constitué à partir de la population active de l’île Saint-Louis, issue de l’exode rural. Deux groupes de 10 à 12 personnes ont été réunis pour assister aux cours qui avaient lieu trois jours par semaine. Les périodes de cours étaient déterminées en fonction des disponibilités des travailleuses.

Les activités d’alphabétisation visaient à développer le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Outre les aspects techniques requis par la lecture et l’écriture (phonétique, décodage, etc.), le matériel de lecture et d’écriture était basé sur les réalités de la vie quotidienne des participant(e)s et abordaient des préoccupations ou problématiques courantes : le travail, la famille, les relations, les obligations de la vie courante, les droits humains en tant que personne, femme, travailleuse, les organismes ou institutions, etc. Aussi, les participant(e)s étaient sollicité(e)s pour organiser des sorties de groupe.

Les activités régulières et ponctuelles incluaient notamment :

  • La lecture : manuel scolaire, affiches dans la rue, formulaires, comptes ou factures, etc.
  • L’écriture : alphabet, composition, etc.
  • Le calcul : nombre, situation de la vie quotidienne : courses, travail, comptes à payer, etc.
  • La conversation : sa famille, ses relations, sa communauté, son emploi, la condition féminine, l’habitation, l’environnement, etc.
  • Des jeux de rôle pour développer ou améliorer sa communication dans différentes situations.
  • Les textos : orthographe des messages.
  • Des cours d’initiation à l’informatique
  • Des sorties : mairie, maisons patrimoniales, expositions, etc.
  • Des visites et des conférences : association des domestiques, groupement féminin, médecin sur des thèmes de la santé des femmes, assurance ou mutuelle en matière de santé, etc.

B/ Volet Aide au devoir :

  • Permettre aux répétiteurs (assistants des enseignants) d’améliorer la qualité de leur enseignement
  • Outiller les parents des élèves pour leur permettre de soutenir leurs enfants dans les devoirs
  • Améliorer la qualité de l’éducation offerte aux enfants

L’aide aux devoirs : jouer un rôle de conseil auprès des répétiteurs et des formateurs à l’aide aux devoirs pour les parents.

Diane a formé des répétiteurs, c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas toujours des enseignants de métier et qui, moyennant une contribution payée par les parents des élèves de l’école Alioune Babacar Sar, dispensent des cours de soutien à des groupes d’élèves de niveaux différents dans une cour commune adjacente à un groupe d’habitations.

Il s’agissait donc de façon concrète de constater leur situation et de réfléchir avec eux sur des approches pédagogiques et des changements d’ordre organisationnel afin d’améliorer la qualité de leur enseignement et les conditions dans leur milieu de travail.

Diane a également sensibilisé et formé des parents qui voulaient davantage s’impliquer dans la scolarisation de leurs enfants en assumant la prise en charge de l’aide aux devoirs. Pour ce faire, elle a contribué à définir un encadrement pour les aider à formuler leurs besoins en matière de préparation et de formation pour soutenir l’aide aux devoirs dans l’école.

Cinq groupes ont été constitués comprenant chacun un répétiteur, cinq parents et entre

5 et 15 enfants. Les rencontres avaient lieu quatre soirs par semaine et le dimanche soir.

Il y avait un groupe différent à chaque soir. Cela a permis de rejoindre cinq répétiteurs,

25 parents et près de 50 enfants au total.

La formation sur mesure, approche sur laquelle reposait le projet, a favorisé les adaptations et ajustements nécessaires tout au long de son déroulement afin de répondre aux besoins et aux intérêts des participants.

Pour les deuxième et troisième trimestres, Diane a poursuivi son projet à distance,

via Skype et le courrier électronique avec le directeur, et occasionnellement avec les participants. Deux personnes ont pris la relève et ont accepté de continuer le projet d’alphabétisation. Elles avaient participé sur une base volontaire au cours du premier trimestre. Elles ont accepté de relever ce défi jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Avant son départ, Diane a organisé une rencontre d’information sur le micro-crédit, à laquelle ont été conviés les deux groupes d’alphabétisation. D’un côté la Banque Pamecas a expliqué les conditions d’éligibilité aux programmes destinés aux jeunes et aux femmes et, de l’autre, une responsable d’une des tontines très populaires chez les femmes dans la communauté. La participation était de près de 99 %, ce qui indique un vif intérêt. Les jeunes veulent changer leur sort : partir ou améliorer leur commerce ou leur association. Dans cette optique, d’autres rencontres ont eu lieu, notamment avec l’Agence régionale de développement.

Le projet développé par Diane a rencontré un vif succès à Saint-Louis et elle réfléchit déjà aux suites à y donner.

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