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Lettre de Monique Laroche du Brésil

Mar Grande, Île d’Itaparica, Bahia, 01 mars 2013

femmes au BrésilBonjour les amis et amies,

Comment allez-vous? Je m’excuse du retard à vous donner des nouvelles. Aujourd’hui, regardant ces trois mois passés, j’ai l’impression de m’être embarquée dans un train à grande vitesse… les arrêts sont rapides, seulement le temps de souffler un peu, et de nouveau en route!!!

À mon arrivée, je suis demeurée 15 jours à São Paulo, prolongeant ce séjour pour profiter de meilleurs tarifs pour me rendre à Salvador. Mais je n’avais pas prévu que, dès la première semaine, on m’appellerait pour des rencontres.

Cette période fut donc occupée avec les femmes organisées de la Pastorale de la femme marginalisée. Ce groupe GMEL : grupo mulher : ética e libertação, est un mouvement politique contre la légalisation et la réglementation de la prostitution. Actuellement, comme partout ailleurs dans le monde, les députés et même les sénateurs essaient de comprendre les demandes des professionnelles du sexe qui réclament des changements de lois. J’ai donc rencontré quelques femmes de São Paulo pour savoir comment le groupe discute de la poursuite de leurs actions. On a conclut que des rencontres nationales sont difficiles vu le coût des voyages et qu’il est venu le temps de former des groupes au niveau régional et local pour continuer la formation, avec des documents sur la méthodologie des mouvements populaires, et d’ici deux ans réaliser une rencontre nationale. Une autre préoccupation pour ces femmes, c’est avant tout, comment arriver à travailler pour soutenir leurs familles? Ce n’est pas facile quand, en premier lieu, il faut retourner aux études. Il y a bien l’artisanat, le travail en économie solidaire mais c’est plus compliqué qu’on le pense!

Arrivée à Salvador en Bahia le 17 décembre… et déjà les fêtes sont commencées depuis le 04 décembre, avec l’Association des femmes qui vendent des « acarajés », (petits beignets, typiques du Brésil) et ça continue jusqu’au Carnaval!!! Réunion le 20 décembre avec le Mouvement de Libertação da Mulher pour analyser un projet de travail avec les femmes en 2013.

04 janvier 2013 : je m’embarque en autobus pour un voyage de 20 heures en direction de Fortaleza dans l’état du Ceará; un peu de repos avant de continuer vers Crateús, petite ville où le Père Frédy Kunz a travaillé et fondé un groupe qui s’appelle « Irmandade do Servo Sofredor. (sur Internet, voir à ce sujet : La Fraternité du serviteur souffrant). Donc retraite du 06 au 13 janvier. Qualifier cette retraite me semble difficile; ce fut tellement différent à tout point de vue, qu’il me sera plus facile d’en parler à mon retour.

14 au 16 janvier : j’ai reçu une invitation pour rencontrer, à Fortaleza, une femme qui a vécu dans la prostitution et a même été dona d’un bar où elle favorisait la prostitution. Après une visite des agents de la pastorale, acceptant des rencontres pour la préparation de Noël, sa vie a basculée, peu à peu, participant à des activités de la PMM, elle a vendu son commerce de prostitution et a acheté un petit commerce d’alimentation; séparée de son mari depuis plusieurs années, elle élève ses trois enfants travaillant à son commerce et aussi comme domestique. Vu que les filles lui donnent un coup de main, elle a fondé un groupe de femmes pour faire de l’artisanat, et continue aujourd’hui dans ce domaine. Mais, ma surprise fut de constater que son mari est revenu à la maison, handicapé suite à un accident, au lit; de ce fait, il a reçu un montant d’argent, ce qui a permis a une de ses filles de construire une maison pour la famille et quelle maison!!! Les enfants disent : maman a travaillé assez fort dans vie qu’elle mérite un peu de repos!

C’est une de ces histoires de femmes victimes de la prostitution, et qui, je ne sais comment (il n’y a pas de BS au Brésil), arrive à s’en sortir.

Je vous reviens le 07 mars

Du 17 au 30 janvier, je suis allée à Natal, dans l’état de Rio Grande do Norte, à environ 8 heures d’autobus de Fortaleza. Avec une militante et personne ressource pour nos rencontres de formation des agents de la PMM, nous avons travaillé deux projets : un pour mai 2013, et l’autre, dernier de notre programme de formation en novembre 2013. Ce fut du travail a plein temps. Ce dernier projet que nous allons acheminer à la Fondation Internationale Roncalli, m’obligeait à traduire en portugais le formulaire de Roncalli, ensuite le traduire de nouveau en français, l’envoyer à François-Régis Bory pour corrections. Puis il fallait élaborer le projet en portugais, incluant les questions et réponses du formulaire, dans un véritable projet normal pour les Brésiliens afin que les femmes puissent comprendre son but. Enfin, il faut avoir une réunion pour discuter le budget avec les responsables de l’organisation de la rencontre pour qu’elles puissent donner leur avis. Corriger à nouveau et en dernier lieu l’envoyer à « mon secrétaire ,François-Régis » pour terminer de mettre le tout en forme; il retournera la copie au Brésil en PDF; nous devrons le signer et enfin acheminer au RESM qui devra le présenter à la Fondation Roncalli. C’est tout un tour de force pour obtenir des sous du Canada…

En Février, étant à l’île, Mar Grande, j’ai donné un appui régulier au Mouvement Libertação da Mulher de Salvador, j’ai même travaillé pour terminer les projets commencés à Natal, je vais donc pouvoir terminer le tout avant le 20 mars où je dois aller à São Paulo pour l’Assemblée annuelle de la PMM où il y aura élection du CA.

J’espère enfin, qu’en avril je pourrai visiter les équipes et les femmes, ce qui est un travail plus intéressant pour moi!

Bonne chance à vous tous…au revoir

Abraços Monique