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Lettre de fin de mission au Brésil – Monique Laroche

Photo Nordeste do Brasil

J’arrive au Québec. Depuis six mois, j’étais dans le nord-est du Brésil, territoire de neuf états limité au nord par le Maranhão et au sud par le Bahia. J’ai pu aller au Ceará, comme je l’ai mentionné dans mon message du 1er mars 2013, et j’ai terminé les visites au Maranhão, un état des plus pauvres du Brésil.

L’objectif de ces visites était, à la demande de la PMM nationale, d’introduire une nouvelle agente de pastorale dans le milieu.

De Salvador à Bahia, en passant par São Luis et Maranhão, capitale de cet état, le voyage en autobus a duré 24 heures; c’est à cet endroit que je devais rencontrer ma compagne, qui partait de Goiania dans l’état de Goias en avion. Dans toutes les villes, de São Luis à la dernière ville au sud du Maranhão, soit Timon, nous avons voyagé, en bus, en autobus, en petite Kumbi (douze places) et en taxi. Nous nous sommes arrêtées dans huit villes pour visiter les équipes de la PMM et parfois faire la connaissance de personnes ou groupes travaillant avec des femmes et des jeunes en situation de prostitution.

Pour ma compagne, qui parcourait le nord-est pour la première fois, cela a été un choc et elle disait sans arrêt : «C’est un autre Brésil!» Eh oui, on oublie facilement le nord-est et le nord du Brésil quand on vit dans le sud ou le centre-ouest. La pauvreté est évidente : les maisons de chaume ne manquent pas, les accommodations sont rudimentaires, il n’y a pas d’eau chaude la plupart du temps, la nourriture est des plus simples. Mais l’important a été les diverses rencontres. Nous avons a pu visiter les centres de santé, les « clubs de Mães », des organisations de femmes gouvernementales ou non, ce qui a permis à ma compagne une meilleure connaissance de cet état et les possibilités de se faire des partenaires pour le travail de la PMM.

Group

Les lieux de rencontre avec les femmes et les agents de pastorale ont été des plus divers: sur la rue, près du chemin de fer où se trouvent les femmes en situation de prostitution et dans les groupes ou maisons qui accueillent ces dernières.

C’est vraiment une pauvreté difficile à définir, mais la plus grande pauvreté serait vraiment de vivre dans une situation de prostitution sans l’avoir voulu et de ne trouver aucun moyen de s’en sortir!!!

 

Toutefois, nous avons aussi rencontré des femmes qui ont eu le courage, la chance ou la possibilité de s’en sortir et qui sont très heureuses de nous recevoir. Ce sont en fin de compte des amies qui veulent partager leur nouvelle situation. Ma compagne, Maria Roselly, a pu écrire au calendrier des rencontres, pour continuer la formation, soit de nouvelles équipes, soit des groupes plus anciens, qui voulaient réfléchir sur la situation des femmes et des adolescentes.

Au retour, j’ai donc terminé les projets que nous avons élaborés en équipe par Internet, d’un bout à l’autre du nord-est, soit une personne au Maranhão, une autre à Natal, dans l’état de Rio Grande do Norte, deux dans le Piauí et moi en Bahia. C’est vous dire qu’il faut de la patience pour pouvoir réaliser ces projets sans compter que j’accompagnais régulièrement l’équipe au Salvador.

Et me voilà de retour dans mon pays. Après plus de quarante ans au Brésil, je m’habitue lentement au Québec et, l’an prochain, je ferai peut-être un court séjour au Brésil.

Bonnes vacances à vous tous, de la part du RESM et des amis et amies de ce réseau.